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Lors de la semaine de lUnité |
Le visage de lÉglise de Jérusalem
A Jérusalem, dans les instituts de recyclage biblique, les premiers cours portent infailliblement sur la description de lÉglise de Jérusalem. De même, quand un groupe de pèlerins entreprend la tournée des Lieux Saints, le guide ne manque pas de présenter également un tableau des différentes traditions religieuses que lon rencontre à Jérusalem.
Les treize grandes Églises
Si lon veut sen tenir aux Églises les plus importantes, parmi celles qui ont feu et lieu à Jérusalem, il faut dabord parler de 13 traditions chrétiennes. Trois dentre elles méritent une place spéciale; elles ont à leur tête, chacune, un patriarche: (1) S.B. Diodoros 1er, grec orthodoxe, (2) S.B. Torkom Manoogian, arménien orthodoxe, (3) S.B. Michel Sabbah, catholique latin. Puis trois autres Églises sont dirigées par un archevêque orthodoxe: (1) la syrienne, (2) la copte, (3) léthiopienne. Nous avons ensuite cinq vicaires patriarcaux catholiques ou exarques (délégués dun patriarche): (1) melkite, (2) syrien, (3) maronite, (4) arménien, (5) chaldéen. A quoi il faut ajouter un évêque anglican et un évêque luthérien.
La Custodie de Terre Sainte La Custodie de Terre Sainte constitue une partie importante du Patriarcat latin. Entre 1342 et 1847, avant la fondation du patriarcat, le custode était lordinaire du lieu pour la Terre Sainte. A la tête de 350 franciscains, de nombreux couvents, paroisses et écoles, le P. Giovanni Battistelli, le custode actuel, est responsable de ladministration du Saint Sépulcre, avec le patriarche grec orthodoxe et le patriarche arménien orthodoxe.
Les vingt-six autres Églises
1. Dans ce second regroupement, figurent en premier lieu trois archimandrites. Le premier responsable de certains monastères grecs porte ce nom darchimandrite (le premier de lenclos ´ mandra ª monastique). Ils sont respectivement à la tête (1) du patriarcat orthodoxe roumain, (2) de la mission ecclésiale russe de la Diaspora, (3) de la mission ecclésiale russe (le patriarcat de Moscou).
2. Suivent quatre Églises baptistes: (1) la congrégation du centre baptiste, (2) la première Église baptiste de la Bible, (3) lÉglise baptiste de Jérusalem-Est, (4) les baptistes indépendants.
3. Viennent ensuite cinq Églises luthériennes: (1) la mission danoise en Israël, (2) la mission luthérienne évangélique de Finlande, (3) lÉglise luthérienne de Saint Sauveur (siège de lévêque), (4) la maison de Norvège, (5) linstitut théologique de Suède
4. Quatorze autres Eglises protestantes viennent sajouter à cette liste: (1) lassemblée des frères chrétiens, (2) lalliance chrétienne et missionnaire (3) lÉglise de Dieu, (4) lÉglise des nazaréens, (5) les Églises protestantes françaises (fédération), (6) le tombeau du Jardin (sans appellation religieuse), (7) lÉglise de Jérusalem, (8) lassemblée du Roi des rois, (9) LÉglise presbytérienne de Corée, (10) la Fraternité du mont Sion, (11) les Églises réformées de Hollande, (12) lÉglise presbytérienne dÉcosse (St André), (13) Le centre adventice du 7e Jour, (14) la fraternité pentecôtiste St Paul.
Les chrétiens dans lensemble de la population
En arrondissant les chiffres, on peut dire que la population dIsraël est de 6 000 000. La population de la Palestine et de Jordanie forme un ensemble de 10 000 000. Dans cet ensemble, les chrétiens se chiffrent à 300 000, dont 150 000 en Palestine-Israël et 150 000 en Jordanie. La moitié sont des catholiques, répartis comme suit: 70 000 melkites, 70 000 latins et 4 500 maronites. A quoi il faut ajouter que les arméniens, les syriens et les chaldéens catholiques comptent au total 1 500 membres. Les chrétiens de lEurope de lest arrivés récemment en Israël se chiffrent à plusieurs dizaines de milliers; mais il est difficile den établir le nombre de façon précise. On peut affirmer que ces différentes traditions sont en continuité avec la communauté initiale de Jérusalem: juive, araméenne, grecque, romaine, copte, éthiopienne et arabe. Après la conquête arabe, il y eut arabisation de toute la Palestine. La langue et la culture arabes sont devenues un commun dénominateur pour la Palestine et la Jordanie.
Quant aux Églises orthodoxes, elles rassemblent des Églises qui se sont séparées du tronc commun, à loccasion surtout de deux grands conciles christologiques. Au concile dÉphèse en 431, les Assyriens entendent rester nestoriens. Au Concile de Chalcédoine en 451, syriens et coptes adhèrent au monophysisme. Un siècle plus tard, en 531, ils seront rejoints par les arméniens. En 1054, ce fut la grande scission du patriarcat de Constantinople, qui alors se détache de Rome.
Il y a en outre quatre communautés chrétiennes hébraïques rattachées au patriarcat latin de Jérusalem. Au total, elles comptent environ 500 membres. Quant aux quelque 5 000 juifs messianiques qui croient en Jésus; on peut les considérer comme des chrétiens, sans appartenance ecclésiale.
Lunité déjà acquise et celle quil faut désormais acquérir
Il est sûr que la christologie de toutes les Églises Orientales coïncide à quelques énoncés près avec celle de lÉglise catholique. On croit en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Les distinctions entre personnes et natures ninquiètent plus guère. De même, la théologie des Sacrements, dans ses éléments essentiels, sidentifie avec celle de lÉglise catholique. Avec les Églises protestantes cependant, même si la mentalité est celle de lOccident, la doctrine se diversifie selon les traditions. Mais il y a chez tous une volonté tenace dunité, dans la diversité. Sur le chemin de lunité des chrétiens, le pape Jean-Paul II cherche un point de conciliation, pour ce qui a trait à lautorité de lévêque de Rome. Le pape invite les frères non encore complètement unis à lui suggérer des façons de rendre acceptable pour eux la suprématie du pape. Mais dans la recherche de ces accommodements, lÉglise catholique ne saurait renoncer aux points essentiels de son enseignement dogmatique.
Sur le chemin de lunité
Du dimanche 24 janvier au dimanche 31 janvier, aura lieu, dans lÉglise de Jérusalem, la semaine de prière pour lunité des chrétiens. Traditionnellement, cette semaine avait son point de départ à la date de lancienne fête de la chaire de S. Pierre à Antioche, le 18 janvier, et son point darrivée à la conversion de S. Paul, le 25 janvier. Cest encore lencadrement quon conserve, dans lÉglise universelle. Mais à cause du calendrier julien que suivent les Églises orthodoxes, ici, à Jérusalem, on décale dune semaine la semaine de prières pour lunité. Chaque
jour de cette semaine qui va du 24 au 31 janvier, les célébrations pour lunité des chrétiens prennent place, soit dans un lieu de culte catholique , soit dans un lieu de culte orthodoxe ou protestant.
Les assemblées oecuméniques
Pour les Églises catholiques de différents rites, il existe trois grandes assemblées qui se réunissent régulièrement pour conserver lunité quelles doivent entretenir entre elles. Cest lassemblée interrituelle des patriarches et des évêques du pays. Elle fonctionne comme une conférence épiscopale. Elle comprend le patriarche latin, les trois ordinaires melkites et les vicaires patriarcaux (maronite, arménien syrien et chaldéen).
Au plan régional, il y a la CELRA --la conférence épiscopale des évêques latins des régions arabes regroupent: Moyen Orient, Golfe (Koweit et Arabie) et Corne dAfrique (Djibouti et Somalie). Au niveau régional et interrituel, le conseil des patriarches catholiques dOrient réunit sept patriarches: quatre au Liban (maronite, melkite, syrien et arménien), un à Alexandrie (copte), un à Bagdad (chaldéen) et un à Jérusalem (latin).
Le synode de lÉglise de Jérusalem, ouvert la veille de la Pentecôte, le 3 juin 1995, se poursuit avec la participation de toutes les Églises catholiques à la préparation du grand Jubilé de lan 2000.
Loecuménisme proprement dit
Le CEMO -- le conseil des Églises du Moyen Orient -- assure les relations entre orthodoxes, catholiques et protestants. Il se compose de quatre familles dÉglises: (1) grecque orthodoxe (Alexandrie, Antioche, Jérusalem et Chypre), (2) orthodoxe orientale ou préchalcédonienne (coptes dAlexandrie, syriens dAntioche et arméniens de Cilicie), (3) catholique (sept patriarcats: coptes dAlexandrie, melkites, maronites et syriens dAntioche, arméniens de Cilicie, chaldéens de Babylone et latins de Jérusalem), (4) protestante (anglicans, luthériens et presbytériens).
Le 2 janvier 1997, linauguration de la coupole du Saint Sépulcre, après les travaux de restauration, fut un geste dévidente collaboration entre les traditions chrétiennes impliquées dans la basilique de lAnastasie.
Le Statu Quo établit que la propriété et lusage des sanctuaires restent sans changement, depuis 1852. Un firman du sultan ottoman a alors confirmé cet état de fait; il fut reconfirmé au congrès de Berlin en 1878, puis par la Société des Nations en 1922. Cette décision a permis un certain équilibre; mais elle a aussi créé des frictions, des peurs et des fixations qui jurent parfois de façon criante avec le mystère de la Résurrection quon célèbre au Saint Sépulcre. On peut dire, à la décharge dune confusion apparente générée par la cohabitation de diverses traditions au Saint Sépulcre. quil y a là aussi un symbole de la présence de tous pour une même louange au Seigneur ressuscité. Même la prèsence dun portier musulman, vestige des siècles passés, contribue à cette symbolique.
Dialogue avec les juifs et les musulmans
La semaine de prière pour lunité des chrétiens englobe la réciprocité vitale que chacun veut établir entre les traditions chrétiennes aux rites diversifiés. Elle prend toute son ampleur dans les prières qui réunissent dans un même lieu orthodoxes, catholiques et protestants. Mais elle veut se prolonger dans un dialogue intensifié avec nos frères de la foi dIsraël et de la foi de lislam.
En Israël, juifs, musulmans et chrétiens jouissent dune liberté religieuse relative. Mais ils ne sont pas libres de suivre leurs convictions, sils désirent changer de religion. Cependant les quatre petites communautés chrétiennes dexpression hébraïque assurent dans la société israélienne une présence vivante. Et les groupes sont nombreux qui développent les amitiés judeo-chrétiennes.
Les chrétiens sont à légal des musulmans de langue et de culture arabes. Au niveau des autorités, les relations sont bonnes. Au niveau des gens, il y a souvent des heurts. Le fondamentalisme musulman a des causes multiples: linjustice sociale, linvasion du matérialisme occidental... Les rencontres entre chrétiens et musulmans ne manquent pas non plus, où chacun essaie de comprendre lautre et de collaborer avec lui.
Voilà un peu le visage que présente lÉglise dici, alors quelle va entrer dans la semaine de prière pour lunité, le dimanche 24 janvier prochain.
Sources dinformation:
Oecuménisme et dialogue interreligieux dans lÉglise de Jérusalem (S.B. le patriarche latin Michel Sabbah) dans Jérusalem, 63e année, mai-juin 1997, pp. 112-122.
Christian Headquarters in Jerusalem 101/11, documentation du Christian Information Centre.
© copyright 1999
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Created / Updated Thursday, January 7, 1999 at 22:24:43 by John Abela ofm for the Maltese Province and the Custody of the Holy Land This page is best viewed with Netscape at 640x480x67Hz - Space by courtesy of Christus Rex |