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Les Sources du Jourdain |
En Galilée saint Pierre a exprimé, en de multiples occasions, avec enthousiasme son attachement à Jésus:
A Capharnaüm, lors de la fuite de plusieurs disciples: "A qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle." (Jn 6,68)
A Tabgha, quand Jésus fait allusion au triple reniement: "Toi qui sais tout, tu sais bien que je taime." (Jn 21,17)
A Césarée de Philippe, au moment où Jésus sonde le degré de foi de ses apôtres: "Tu es le Christ." (Mc 8,29)
Cheminer en Galilée, sur les pas de Jésus, comporte souvent, pour les pèlerins, un voyage à Césarée de Philippe, Banias, près de lune des sources du Jourdain.
Banias
Une falaise majestueuse, grandiose, borne le sud du mont Hermon. Le mont Hermon est une longue chaîne de montagne de près de 40 km du nord au sud. Cette chaîne forme la frontière naturelle entre trois pays. Sa pente ouest appartient au Liban, sa pente est à la Syrie, sa pente sud à Israël.
Les arabes lappellent "Djebel es-Scheikh" (la montagne-tête). Car elle est la tête de toutes les eaux qui irriguent la région: de sa pente ouest sort le Litani, fleuve du Liban; de sa pente est, le cours deau qui arrose loasis de Damas ; de sa pente sud jaillissent les trois sources des trois rivières (le Hasbani du Liban, le Dan dIsraël et le Banias de Syrie) qui, en confluant, forment le Jourdain.
A Banias "la montagne accouche du fleuve". Autrefois, avant quun tremblement de terre nobstrue la grotte située au pied de la falaise, leau séchappait de cette grotte, phénomène qui émerveillait la population. Le jaillissement de la neige fondue à travers cette trouée de la roche semblait un miracle de la nature. Le mont Hermon donnait vie au ruissellement.
Doù la dédicace de ce lieu au dieu Pan, dieu de la nature. Le nom Panias est devenu Banias par déformation arabe, la consonne B remplaçant le P.
La source de Banias et celle de Dan
Heureux les pèlerins qui viennent voir la source de Banias lors de la fonte des neiges, vers la fin du mois de mars ou en avril. Leau, qui désormais sourd de plus bas que la grotte, rebondit en un flot torrentiel dans des bassins successifs du lit de la rivière. Le courant est vivant, magnifique à voir.
Par contre durant le reste de lannée lécoulement de leau est faible. Cest plutôt un petit ruisseau quune rivière. Les pèlerins sont enchantés par le paysage de la falaise et de la grotte, mais déçus par le peu deau de la source.
A linverse, tout au long de lannée, la source de Dan, quelques km plus à louest, est dune impétuosité fascinante. Son débit (40.000 m3 à lheure) est permanent été comme hiver. Ce débit annuel est plus du double de celui de la source de Banias.
A Dan il sagit non pas dune seule source, mais dune cinquantaine de sources et de puits artésiens jaillissant au milieu dune forêt qui a des allures de forêt amazonienne. "Cest lexubérance de la nature... Toutes les eaux courent à droite et à gauche, sentremêlent, se séparent... Cette folle ronde des eaux se joue au milieu dune végétation de forêt vierge." (Bible et Terre Sainte No 125 pp. 2-3)
Autant il est aisé pour tous les pèlerins de se rendre face à la source de Banias, autant le parcours des sources de Dan nest praticable que pour les bons marcheurs qui ne glissent pas sur des galets mouillés, sachant enjamber des troncs darbres et passer à travers des lianes. Le circuit long requiert une petite heure et suppose "bon pied, bon oeil"; le circuit court est depuis peu facilité par un pont qui surplombe les ruisseaux et les obstacles. Mais cest une expérience inoubliable .
La source de Dan est la seule qui soit dans lEtat dIsraël. Celle de Banias se situe en Syrie, dans la région du Golan, mais est visitable, parce que occupée par larmée israélienne depuis 1967. Quant à la troisième source, celle du Hasbani, elle ne peut être visitée par les pèlerins, parce quelle est au Liban.
´Qui suis-je ?ª
Le Seigneur Jésus profita de la période passée hors de la Terre Sainte (dans la région de Tyr et Sidon au sud du Liban, puis dans la région de Banias au sud-est de la Syrie, enfin dans la Décapole) pour faire découvrir à ses apôtres le point où ils en étaient dans la découverte de sa véritable identité.
Cest aux environs de Césarée de Philippe près de Banias, quil leur demanda : ´Que dit-on de moi autour de vous ?ª (Mc 8,27). Manière très pédagogique de mettre en route leur propre réflexion. Les réponses fusent : ´Certains disent que tu es Jean Baptiste ressuscité, dautres que tu es Elie qui doit revenir, dautres que tu es un prophète...ª
Alors le Seigneur leur pose linterpellation directe pour quils formulent leur propre conviction sur son identité: "Et pour vous, qui suis-je ?" (Mc 8,29)
Avec sa fougue habituelle Pierre répond le premier. Ceût été passionnant dentendre parler dabord les autres apôtres. Quen pensaient Thomas, lhésitant? Et Simon le zélote? Et Jean le songeur? Et Judas ? Mais Pierre réagit le premier: "Tu es le Christ". lÉvangile de Matthieu ajoute à cette confession de la messianité de Jésus la confession de sa filiation divine: "Tu es le Fils du Dieu Vivant" (16,16). Il semble à bon nombre dexégètes que cet ajout est une amplification de la foi de Pierre en ce moment. Sans doute nest-ce quaprès la Résurrection et la Pentecôte quil en arrivera à cette foi complète. Cétait déjà admirable quil vît en Jésus davantage quun prophète, le Messie même attendu par le peuple de lAlliance. Pour le Père Lagrange il convient de ne pas exagérer ici la portée de la formule "Tu es Fils de Dieu" dautant plus quil ny a pas darticle devant le mot "Fils" (Évangile de saint Matthieu, page 297).
Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai
Face à la paroi monumentale de la falaise de Banias, la parole de Jésus a un sens exceptionnel, imagé, fort. Jésus dit à Pierre: " Tu es comme le mont Hermon. Le tremblement de terre peut en faire écrouler une partie minime de la façade; mais lénorme massif rocheux de 40 km nord-sud, de 20 km est-ouest et de plus de 2 800 m de haut nest pas ébranlé par des écroulements superficiels. Tu nes pas une petite pierre. Tu es solide comme le Djebel es-Scheikh, la Montagne-Tête . Sur toi je bâtirai mon Église qui aura limmensité et la robustesse de ce mont Hermon". Les pèlerins sont toujours saisis, émus par la force de cette image suggérée par le paysage grandiose.
Brève histoire des villes de Banias et de Dan
"Philippe embellit extrêmement Panias qui est près des sources du Jourdain et la nomma Césarée", écrit Flavius Josèphe (Antiquités juives No 762).
Cétait en lan 4 ap. J.C. Auparavant son père, Hérode le Grand, vers 20 av. J.C., avait agrandi la ville fondée par les Grecs vers 195, en ce lieu déjà dédié au dieu Pan depuis le IIIe s. av. J.C.
Aux IVe ou Ve s. ap. J.C., la ville devint un siège dévêché; et au XIIe s. elle fut surplombée par la formidable forteresse de Nemrod que visitent parfois les pèlerins.
La ville de Dan a un passé beaucoup plus ancien; les fouilles y trouvent des traces du IIIe millénaire. Le livre de la Genèse en parle à lépoque du XVIIIe s. (Gn 14,14). Au XIe s. elle sappelait Laïsh et fut conquise par la tribu de Dan (Jg 18,27-31) et en 931 Jéroboam y établit un temple de Yahvé (1 R 12.29).
Dan était la limite nord de la Terre Sainte. Lexpression "de Dan à Beershéva" est fréquente dans la Bible.
Leau de baptême aux sources du Jourdain
Ce nest certainement pas en ces lieux que Jean-Baptiste baptisait et que Jésus fut baptisé. Mais cest lunique endroit où les pèlerins peuvent remplir de leau du Jourdain des bouteilles en vue du baptême dun nouveau-né de leur famille. Aussi Banias ou Dan voient beaucoup de pèlerins faire provision de ces ruissellements de neige fondue, afin que la célébration liturgique réalisée plus tard en France soit davantage en lien avec la Terre Sainte du Seigneur Jésus.
© copyright 1999
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Created / Updated Friday, April 02, 1999 at 22:24:13 by John Abela ofm for the Maltese Province and the Custody of the Holy Land This page is best viewed with Netscape at 640x480x67Hz - Space by courtesy of Christus Rex |