la terre sainte - revue bimestrielle des lieux saints

03-04.1999 - online

PANORAMA

Calendrier de l’Année Sainte 2000
de l’Assemblée des Évêques Catholiques de Terre Sainte

Le caractère universel du Grand Jubilé de l’an 2000 relève de l’universalité du salut que Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme, a porté sur terre par sa naissance, sa mort et sa résurrection. L’Assemblée des Évêques catholiques de Terre Sainte a eu justement le souci de donner la couleur la plus locale possible aux célébrations multirituelles qui se déploieront dans ces Lieux Sains qui furent les premiers à attirer des pèlerins pour suivre pas à pas les traces du Sauveur et de sa Mère.
(Cardinal Roger Etchegaray, président du Grand Jubilé de l’An 2000)

Nous, membres de l’Assemblée des Évêques de Terre Sainte, sommes heureux de publier le Calendrier des événements du Jubilé de l’an 2000. Il reflète notre foi dans le mystère de l’Incarnation rédemptrice de Jésus et dans tous les autres aspects de sa vie. Il donne la liste des principales manifestations prévues au cours de cette année de grâce sur les lieux sanctifiés par Notre Seigneur, tout particulièrement à Bethléem, Nazareth et Jérusalem.
(Lettre de l’Assemblée des Évêques catholiques de Terre Sainte)

Selon le calendrier le plus répandu dans le monde pour calculer l’écoulement du temps, l’an 2000 marque un moment important dans l’histoire de l’humanité: le début d’une ère nouvelle qui, nous l’espérons, sera porteuse de paix, de réconciliation et de prospérité pour tous et partout.

Le Calendrier jubilaire de l’Église catholique en Terre Sainte prend en compte les dimensions très diverses de cette communauté. Il est donc interrituel, local, catholique, oecuménique, interreligieux et international. (Préface du Comité de Jérusalem et du Secrétariat général pour le Grand Jubilé)
DÉCEMBRE 1999
24 vendredi: Veille de Noël
Ouverture du Grand Jubilé - Bethléem

Entrée solennelle à Bethléem du Patriarche latin. Messe de Minuit pontificale dans l’église Sainte Catherine avec la participation de membres de l’Assemblée des Évêques catholiques

25 samedi: Noël - Bethléem:
Messe pontificale à l’église Sainte Catherine par le Patriarche latin

Beit Sahour
Pèlerinage aux Champs des Bergers (orthodoxe et franciscain). Procession aux flambeaux du Champ des Bergers (chez les orthodoxes) au Champ des Bergers (chez les franciscains)

26 dimanche: La Saine Famille
Journée de la Famille
Ramallah et autres paroisses centrales: Messe

Jérusalem: à Gethsémani, pèlerinage franciscain en l’honneur de saint Étienne. Bethléem: entrée solennelle du Vicaire Patriarcal grec-catholique à Bethléem et Synaxe en l’honneur de la Très Sainte Mère de Dieu.

Nazareth: la Mensa Christi, la table du Christ
la fin des années-30, la petite église de la Mensa Christi, située à la hauteur du souk de la vieille ville de Nazareth, était toujours fermée. On ne pouvait donc pas visiter cette belle chapelle ni même avoir un semblant d’explication sur cette masse de pierre, au-dessus de quoi l’on avait édifié le sanctuaire de la Mensa Christi. On savait cependant qu’il s’agissait de la table préparée par Jésus pour ses disciples, après la résurrection. La source de cette tradition du repas des disciples à Nazareth n’est pas claire. Tel qu’il est décrit en Jn 21, l’événement s’est produit sur les bords du lac de Tibériade. C’est à partir du XVIIe s. que les pèlerins ont identifié la pierre de Nazareth comme étant le lieu de la rencontre. En 1861, les franciscains ont construit l’église de la Mensa Christi, autour de la masse de pierre. Dans le cadre de la réalisation du projet ´Nazareth 2000ª, le souk de la vieille ville a été complètement restauré. Les promoteurs ont tenu à ce que les gardiens de la Terre Sainte fassent de même pour le sanctuaire laissé à l’abandon. Après quelques négociations, les franciscains ont décidé de procéder à la restauration, conjointement avec la municipalité de Nazareth et l’Institut vénitien des Biens culturels. Après avoir pris connaissance de l’état de la construction, 12 étudiants et professeurs d’une école italienne sont venus à Nazareth en août 1997. Ils ont alors commencé les travaux de réfection. On a nettoyé les murs. On a aussi pratiqué des ouvertures de façon que l’eau accumulée dans la pierre au cours des années puisse s’égoutter. On a vérifié les vieux crépis et les stucs des murs. Les décorations trop endommagées, on les a simplement fait disparaître. On a mis du stuc neuf et on a repeint d’après les couleurs originelles. Les anges en stuc qui ornent la coupole et la fausse fenêtre ont reçu un nouvel enduit de plâtre; et les murs extérieurs ont été recouverts de crépi. On a rouvert le sanctuaire en décembre 1997: il est maintenant accessible au public. Voilà une perle, dans le secteur du souk de Nazareth, qui est fine prête pour l’an 2000.
D’après Eretz Magazine 1998

Ce que pensait le P. Meistermann de la Mensa Christi
400 pas à l’ouest de la Synagogue, une petite chapelle, couronnée par une coupole, abrite un énorme bloc de calcaire tendre, qui mesure en moyenne 3,50 m de long, 3 m de large et 1 m de haut. En 1861, les franciscains achetèrent les ruines de l’ancien oratoire, propriété d’un musulman, et ils y bâtirent la chapelle actuelle. La tradition des chrétiens du pays rapporte que sur ce rocher Jésus a pris un repas avec ses disciples après sa résurrection. On est frappé de voir ce rocher taillé et évidé d’après les usages propres aux byzantins. Mais l’origine de cette tradition complexe ne va pas sans quelque difficulté. Faut-il l’identifier avec la Mensa Christi placée tout près du lieu de la multiplication des pains, sur la rive nord du Lac de Tibériade ?
D’après le Guide de Terre Sainte, 1936, p.544

Adieu! les Gènes
On sait que les gènes sont des unités biologiques localisées dans les chromosomes, auxquels est lié le développement des caractères héréditaires de l’individu. Y a-t-il des gènes qui fassent que les juifs soient plus doués que les autres peuples ? Le professeur Robert Pollack, un généticien juif renommé, ne le pense pas. Par ailleurs, le rabbin Steinsaltz soutient que cent générations de juifs ont produit, chez ces derniers, des caractères qui leur permettent de survivre dans un monde hostile. Mais cela relève-t-il de l’intelligence ou du ´pistonnageª ?

L’enseignement compte plus que l’ADN
Pollack spécifie que c’est par les traditions culturelles transmises à travers les générations, plus que par le sperme ou l’oeuf parental, que l’on peut expliquer les performances d’un grand nombre de juifs. Le meilleur de nos vies se transmet plus par l’enseignement que par l’ADN. (L’acide désoxyribonucléique est le constituant essentiel des chromosomes du noyau cellulaire: ADN pour les francophones, DNA pour les anglophones.). Le sort des juifs relève donc de leurs initiatives. Ils ne peuvent plus s’en remettre à une destinée programmée d’avance. Ce sont précisément ces traditions, inspirées par des directives religieuses, qui sont en train de se perdre; ce sont elles qui ont mené les juifs à de grandes réalisations.

Les réalisations juives
Les réalisations juives, dans le monde de l’économie, des professions et des lauréats du prix Nobel, ne doivent pas être attribuées aux gènes, mais à une tentative constante et consciente, de la part des juifs, d’encourager le développement de l’intelligence. Ils ont été socialement stigmatisés. Mais on leur a enseigné l’articulation verbale, la capacité de penser logiquement, de mémoriser des textes, de savoir répondre; on les a aussi stimulés à avoir des idées. On peut aussi noter que les générations de Kibboutz ont produit des soldats de qualité, mais pas de lauréats du prix Nobel.

L’avenir des juifs
Ce qui peut sauver les juifs de la routine, c’est la religion, pas forcément celle des ultra-orthodoxes. Quand la religion pousse à étudier tous les jours, à prendre au sérieux l’étude d’un texte, elle est génératrice d’énergie et de conquêtes. Qui ne veut pas relever ce défi est voué à l’échec. Quand la norme est uniquement la bonne moyenne, il faut s’attendre à la médiocrité. La pire affliction pour les juifs, ce serait d’opter pour la supposée normalité. Si les juifs s’éloignent de ces traditions qui les ont conduits à l’excellence, d’ici cinquante ans, ils ne récolteront plus les succès de leurs congénères.
D’après un article d’Abraham Rabinovich, Jerusalem Post, novembre 1998

L’Université de Bethléem 25 ans après sa fondation
Pietro Sambi, délégué apostolique en Palestine et nonce apostolique en Israël, est le chancelier de l’Université de Bethléem; le Fr. Vincent Malham, fec, en est le recteur. Le pape Paul VI et les Frères des Écoles chrétiennes sont à l’origine de cette université. Les FEC, dont les écoles ont une importance première au Moyen-Orient chrétien, ont alors mis leur propriété à la disposition du Vatican. Le but premier de cette université fut d’endiguer l’émigration à l’étranger. Trois FEC américains arrivent sur place, le 1er octobre 1973 pour y établir la fondation. Aujourd’hui, les FEC y sont une dizaine. L’Université de Bethléem fait partie des universités arabes du pays, qui en compte six autres: Naplouse, Beir Zeit, Jérusalem, Hébron et les deux institutions de Gaza.

Ensemble, des étudiants et des professeurs chrétiens et musulmans
Le projet éducatif de l’Université de Bethléem veut promouvoir des valeurs communes, tant chez les étudiants que chez les enseignants, qu’ils soient chrétiens ou musulmans : respect des croyances religieuses de chaque personne, tolérance à l’égard de tous, vraie communauté universitaire... Les deux-tiers des étudiants sont musulmans ; le tiers est chrétien. Par contre, le tiers des professeurs est musulman ; les deux-tiers sont chrétiens. Cette coexistence pacifique est bénéfique pour tous. Les échanges interreligieux se déroulent dans le respect des croyances d’autrui et dans un esprit d’ouverture. Pour la prière quotidienne, les musulmans ont un lieu spécifique sur la grande place ou le campus; le vendredi, ils disposent d’une grande salle.

Les effectifs
Depuis 25 ans, les diplômés se chiffrent à 5 683. Le nombre des étudiants actuels est de 2 074. Le personnel enseignant compte 159 membres; le personnel de soutien, 98 employés. La majorité est originaire de Bethléem et de ses environs; 25% sont de Jérusalem, 15% d’Hébron et des villages du sud; 10% de Gaza et de Jéricho.

La mixité garçons-filles
En Palestine, dans les écoles publiques, au primaire et au secondaire, les garçons et les filles sont séparés. Dans un pays où les hommes tiennent la première place dans la famille et dans la société, le milieu palestinien a des coutumes strictes pour le comportement des jeunes femmes. Ici, on a voulu relever le défi de la mixité afin de préparer la Palestine au XXIe s. : 65% sont des étudiantes et 35% sont des étudiants. Les raisons de ce décalage sont les suivantes: aux examens d’entrée, les filles obtiennent de meilleures notes que les garçons; ces derniers sont incomparablement plus nombreux à se rendre à l’étranger; les facultés de droit, de médecine et d’ingénierie, qui attirent d’ordinaire les garçons, n’existent pas encore à l’Université de Bethléem.

Les diverses facultésLa grande majorité des diplômés n’ont pas de difficultés à obtenir un emploi. C’est que les facultés sont axées sur les besoins immédiats du pays:
Lettres: 30%
Études commerciales et gestion des affaires: 19%
Éducation: 16%
Obstétrique et Soins infirmiers: 7,5%
Gestion hôtelière: 6%

Budget
65% du budget viennent de trois sources: du Vatican par la Congrégation des Églises orientales; de l’Autorité palestinienne, grâce à la Communauté européenne, où les subventions sont accordées d’après le nombre des étudiants; des frais de scolarité des étudiants: ils sont de 400$US par semestre. L’autre partie, celle des 35% du budget, provient des États du Golfe, des USA, de l’Europe et de l’Amérique latine. Les projets de recherche sont subventionnés par une dizaine d’autres organismes.

Projets d’avenir
Pour les cinq prochaines années, on projette des ajouts conduisant à la maîtrise dans plusieurs secteurs, des initiatives interdisciplinaires, le partenariat avec l’extérieur, des liens avec des entreprises internationales, la formation permanente du personnel, des relations intensifiées avec les anciens diplômés. Tous les membres du personnel croient à l’importance de leur mission dans ce pays rempli de difficultés. Le personnel entend donc continuer à servir les jeunes étudiants de Palestine et à leur donner foi et espérance dans l’avenir de la Palestine. Largement emprunté aux Propos recueillis par André Madec, aa, dans Jérusalem 4, août-octobre 1998

A l’approche de l’an 2000 à Bethléem
L’approche du Jubilé de l’an 2000, l’Église proclame au monde le Dieu-Amour qui est Père, Fils et Esprit et invite tous les hommes à la réconciliation.

Réveiller la mémoire
La Custodie de Terre Sainte a entrepris une réflexion sur le mystère de la Trinité durant les trois années préparatoires au Jubilé. Elle sait que les impasses de l’histoire collective ou personnelle ne trouvent leur issue qu’en réveillant la mémoire. Le souvenir du passé ouvre l’esprit au mystère et redonne confiance. L’évocation du passé permet au chrétien de retrouver son identité et devient une invocation, parfois une guérison. Dieu ne peut diviniser que ce que l’homme a d’abord humanisé. Ouvrir l’accès aux grandes traditions spirituelles qui ont façonné notre histoire devient une tâche urgente pour tous les hommes de culture et pour les hommes d’État à l’approche de l’an 2000. Plus les cultures vont se rapprocher, plus il faut que chacun ait des critères de discernement. Si un arbre n’a pas de racines comment pourra-t-il donner du fruit ?

La mémoire chrétienne
Dans le projet d’ouvrir l’accès aux grandes traditions spirituelles, Jérusalem tient une place unique, parce que centrale. La mémoire juive y retrouve l’Ophel, la ville de David, avec le Gihon, la source où les rois d’Israël étaient sacrés. La mémoire chrétienne s’ouvre au mystère d’un Dieu qui se fait homme et qui, pour sauver l’homme, prend la place de l’esclave et meurt sur une croix; au Cénacle elle découvre que l’Esprit de la Pentecôte lui a conféré un dynamisme et une mission universelle. La mémoire musulmane y commémore la nuit du mirage et le don du Coran.

Les trois mémoires
Les trois mémoires étaient aux yeux du monde la division des fils d’Abraham qui ont oublié qu’ils seront jugés sur l’amour au soir de leur vie. Les trois mémoires traumatisées par le passé ont besoin de guérison. C’est à partir du centre du message chrétien qu’il faut faire la preuve du caractère dialogal du christianisme comme religion historique. Jérusalem étale aussi les déchirures de l’histoire, les scléroses et les blocages possibles lorsque la tradition perd son dynamisme et sa créativité. Jérusalem fait alors l’effet d’un miroir qui renvoie à chacun ses propres divisions intérieures. L’heure de la vérité peut être salutaire. La référence au Christ oblige les chrétiens à faire une autocritique à l’occasion de l’an 2000. Si Jésus revenait aujourd’hui...

Accueil des pèlerins
A côté de cette préparation spirituelle, la Custodie de Terre Sainte, responsable de nombreux sanctuaires, pense également aux problèmes concrets de l’accueil des pèlerins. Puisque Bethléem sera au centre des célébrations du grand Jubilé, puisque Jésus y sera proclamé comme le fils de David, il est normal que la Custodie ait mis l’accent sur l’aménagement de centres d’accueil et de prière dans la ville de David. La revue La Terre Sainte a déjà informé ses lecteurs des travaux d’agrandissement entrepris dans la basilique Ste Catherine. Les travaux progressent lentement, au rythme oriental. Qui s’en étonnerait ? La chapelle du Saint Sacrement est déjà terminée. C’est un bon signe, malgré tout. Nos lecteurs savent également que, sous la basilique, un salon croisé a été aménagé en vue des célébrations eucharistiques. L’accès à ce salon est dans la cour qui se trouve près du garage de la Casa Nova.

400e anniversaire d’un collège
Deux autres initiatives dues au P. Ibrahim Faltas, directeur du Terra Santa College de Bethléem, sont à signaler. A l’occasion du 400e anniversaire de la fondation du collège, le directeur a fait rénover le théâtre de l’établissement. L’auditorium contient 700 places et pourra servir comme salle de conférences et, pourquoi pas, dans certains cas, de lieu de célébrations pour des grands groupes de pèlerins.

Originaire du pays des Pharaons, le P. Ibrahim a fait construire une grande salle polyvalente dans la cour du Terra Santa College. Cette salle a été inaugurée à Noël par Yasser Arafat; elle servira aux grands rassemblements de pèlerins. Il faut féliciter le P. Ibrahim pour son audace et son esprit d’entreprise et aussi remercier les bienfaiteurs européens qui lui ont permis de mener à bien cette entreprise. Bethléem et Jérusalem pourront ainsi réaliser leur vocation maternelle d’accueillir les pèlerins du monde entier, leur donner le pain spirituel dont ils ont besoin pour continuer leur route vers la maison du Père.
Frédéric Manns, ofm

LE MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE DES ORIGINES CHRÉTIENNES
AU COUVENT FRANCISCAIN DE LA FLAGELLATION

A Saint Sauveur
C’est à partir de 1902 que les Franciscains de Terre Sainte commencèrent à rassembler dans une salle du couvent de Saint Sauveur à Jérusalem des pièces dignes d’intérêt au point de vue artistique ou archéologique. Cette collection comprenait, entre autres, le trésor médiéval d’objets liturgiques provenant de Bethléem, de la pharmacie de Saint Sauveur. Tout cela fut mis en ordre par le P. Prosper Viaud avec l’aide du P. Émile Dubois qui réalisa des maquettes de Jérusalem et de Bethléem. Le musée s’accrut considérablement grâce à une collection de monnaies que lui offrit le P. Jacinthe Tonizza et aux pièces récoltées en Égypte par le Fr. Cléophas Steinhausen. Tout ce nouvel apport fut soigneusement répertorié en 1924 par le P. Gaudenzio Orfali.

A la Flagellation
Lorsque s’ouvrit, au couvent de la Flagellation, le Studium biblique franciscain, on décida d’y transporter le musée qui, voisinant avec la bibliothèque, serait son complément nécessaire pour l’étude et la recherche scientifique. Le P. Jean-Marie Amadori fut chargé d’installer les collections dans des salles du rez-de-chaussée, restaurées et situées le long de la via Dolorosa. Une salle fut réservée à la flore et à la faune palestiniennes auxquelles le Père s’intéressait depuis longtemps. II veillait lui-même à I’empaillage des animaux.

Inauguration
Le musée fut inauguré dans son nouveau site le 10 février 1931. En 1939 paraissait son catalogue établi par le P. Bagatti. Le premier directeur du musée fut le P. Saller qui l’enrichit considérablement grâce aux trouvailles faites au cours des fouilles qu’il dirigea lui-même au Mont Nébo, à Aïn-Karem, Béthanie et Bethphagé. En 1954 le P. Auguste Spijkerman succéda au P. Saller et remplit la fonction de directeur jusqu’à sa mort inopinée, le 23 juin 1973. Le musée doit au P. Auguste d’être aujourd’hui spécialisé en numismatique, en particulier en ce qui concerne les monnaies de l’époque romaine, retrouvées dans des villes palestiniennes, dans la Décapole et la Province Arabe. En octobre 1974 ce fut au- tour de 1’auteur de ces lignes de prendre soin du musée désormais connu dans le monde scientifique pour ses collections de grande valeur historique.

Fouilles archéologiques
Par suite de l’apport considérable et déterminant de pièces à mettre en valeur, provenant de fouilles archéologiques menées par des professeurs du Studium, le noyau primitif du musée s’est à tel point développé que les locaux du rez-de-chaussée s’avérèrent insuffisants. L’étroitesse des lieux mis à notre disposition nécessitait un choix inéluctable si l’on voulait conserver au musée sa véritable fonction culturelle et didactique et non le réduire à un bric-à-brac de collections de valeurs. Pour atteindre cet objectif il fallait non seulement restructurer les locaux, mais encore établir de nouveaux critères pour l’exposition, quitte à sacrifier des objets de moindre importance ou en double exemplaire.

Nouveaux critères
Le critère qui s’était imposé à mes prédécesseurs comme le plus naturel était celui de la nature de l’objet sans trop tenir compte de sa provenance: on trouvait donc une salle chrétienne, une salle pour la céramique ancienne etc... L’importance des nouvelles acquisitions faites au cours des fouilles nous ont, pour ainsi dire, imposé le critère de la provenance afin que soit mieux documenté le travail du Studium sur le plan de la recherche archéologique en Palestine.

Répartition des salles
Trois salles sont ainsi consacrées aux fouilles de Nazareth, de Capharnaüm et du ´Dominus flevitª en raison de l’importance même de ces fouilles qui ont ouvert une nouvelle voie à l’archéologie chrétienne de Palestine et au problème des origines chrétiennes ou judéo-chrétiennes de la communauté palestinienne. Les autres salles, subdivisées par ordre d’importance, mettent en valeur les fouilles pratiquées au mont des Oliviers, dans des sanctuaires de Jérusalem ou des environs ou à l’Herodion ou à Machéronte (forteresses hérodiennes). Notre principale intention, dans ce court exposé, est de bien mettre en évidence que notre musée est celui des origines chrétiennes en Palestine et qu’il est au service des étudiants et des pèlerins. Les salles de ce musée veulent être autant d’illustrations des fouilles réalisées dans les sanctuaires chrétiens de Palestine par les archéologues du Studium Biblique Franciscain

Michele Piccirillo, ofmTraduit par Daniel Bertrand, ofm

© copyright 1999

Directeur: Paul Sylvestre ofm
Prix des abonnements:
Abonnement ordinaire: 70 FF - Abonnement par avion: 140 FF - Abonnement de bienfaiteur: 200 FF
(avec participation au concours).
Ou devises correspondantes selon les pays
(abonnement ordinaire: 12 dollars USA ou 12 dollars can. ou 450 FB ou 20 FS).
Désirez-vous plus d'informations? Envoyez votre Email: Franciscan Printing Press - fpp@p-ol.com
Notre plaisir est de pouvoir vous être utile

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     Created / Updated Saturday, April 03, 1999 at 18:04:00
     by John Abela ofm for the Maltese Province and the Custody of the Holy Land
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